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 L'Ecole Mobile - Vision

Point de vue unilatéral

Souvent, on perçoit les enfants de la rue comme étant des enfants pauvres sans toit, souffrant de famine et dormant sur du carton'. De nombreux points de vue concernant les enfants de la rue sont erronés. Ceux-ci sont souvent la conséquence de simplifications causées par le manque de perception du profil pyscho-éducatif de l’enfant de la rue.

Par conséquent, les solutions proposées découlent souvent de réflexions basées sur cette vision simpliste et unilatérale qui est déterminée par notre réalité sociale et multiculturelle. L’enfant de la rue est bien des fois abordé avec à la baseun sentiment de pitié.

En général, les gens considèrent qu'on résout les problèmes d'un enfant de la rue en remplaçant leur carton par un lit au sein d'un foyer d'accueil. Toutefois, ceci est un point de vue erroné. La société projète la solution qui lui paraît idéale sur l’enfant de la rue. Une tentative appréciable et noble, certes, mais la réalité est bien plus complexe. En réalité, on observe que la plupart des enfants de la rue qui sont orientés vers des foyers d'accueil ou des refuges pour sans-abri prennent vite le large et se retrouvent à nouveau dans la rue.

...Qui veut aider un enfant, doit commencerl’écouter...



Il est utopique de s’attendre à ce qu'un enfant échange en un tournemain la rue pour un foyer d'accueil. Tout comme nous n'envoyons pas un bambin à l'université. Après la classe maternelle, il faut beaucoup de détermination, de travail, de temps et de capital pour accompagner l'enfant jusqu’à l'université. D'autre part, nous sommes conscients qu'un tas de petits enfants n'arriveront jamais jusque là. Ce n’est pas pour autant qu’ils n’ont pas droit à de l'attention, aà des soins et à de l'éducation.


La statégie 'outreach'

Mobile School reconnaît tous les pas du long chemin que l'enfant doit parcourir et ceci sans l'aiguillonner à chaque pas dans la direction de l'idéal de la société, c'est-à-dire de la réintégration totale. Chaque pas vaut la peine et le rythme de l'enfant est crucial. La stratégie outreach de Mobile School (la stratégie des coins de la rue) se base sur le processus de renforcement de l'enfant. En lui donnant de la confiance en ses propres capacités, l'enfant lui-même devient la personne la plus importante.
Par opposition à l'assistance classique qui se concentre sur les problèmes de l'enfant, nous cherchons ses caractéristiques positives. Qu'est-ce que tu sais bien faire ? De quoi es-tu fier ? De l'autre côté, nous aidons l'enfant à parler de sa situation. De cette manière, l'enfant se fait une idée de soi-même et de son environnement. En étant présent dans un cadre positif, l'éducateur de rue aide l'enfant à développer une image de soi positive. Ainsi, l'enfant a la possibilité de juger sa situation plus consciemment et de faire ses propres choix, tournés vers l'avenir.


Choisir la rue

...l'exclusion n'est pas la conséquence d'avoir opté pour la rue, mais bien la cause.

La raison pour laquelle les gamins des rues choisissent le trottoir, est souvent basée sur l'exclusion très poussée, suite à la situation familiale et sociale. Ceci se manifeste par la pauvreté économique, les mauvais traitements et l'abus sur plusieurs niveaux.
Cette exclusion, engendrée par la société, oblige les enfants à chercher une stratégie qui remplace l'inclusion. Les gamins des rues sont des enfants qui retrouvent cette inclusion dans la culture des rues. Bien que la rue soit un choix forcé, la décision finale de mettre progressivement un terme au contact avec la famille ou de même couper les liens avec eux, est souvent un choix conscient.

Les cireurs, les porteurs de journaux, etc. passent souvent leur temps dans la rue. Par conséquent, la rue devient souvent leur lieu de travail, comme elle est liée à leur job dans l'économie informelle. Ce lieu de travail est dès lors, en toute logique, l'environnement dans lequel l'enfant évolue dans son processus psycho-éducatif. L'enfant développe sa personnalité, ses cadres de référence, ses structures, ses vérités, ses intuitions et ses réflexes, basés sur les réalités et les contextes de la randonnée de survie de l'environnement éducatif...la rue !
Pour avoir des chances de survie dans ce milieu, l'enfant doit accorder sa pensée, ses sentiments, ses actions, sa communication et son être tout entier aux réalités de ce milieu.
Le dynamisme et la flexibilité des gamins des rues font de sorte que les enfants se développent, orientés vers la survie indépendante sur les trottoirs d'une jungle complexe en béton.


L'accoutumance à la liberté

...Il n'est pas facile d'enlever l'enfant de la rue, mais il est encore plus difficile d'enlever la rue de l'enfant...

Par conséquent, les enfants développent une dépendance compulsive de la liberté qui est propre à la rue. En tenant compte de cette dépendance, il est plus facile à comprendre que le pas vers un foyer n'est pas du tout facile à franchir. Le pas vers un foyer se manifeste comme un pas éloignant l'enfant de la rue. L'institution sociale fait contraste avec les contextes de la rue qui sont devenus la réalité de l'enfant. Voilà pourquoi les pas vers la réhabilitation qui sont pris trop vites, sont souvent la cause d'une accumulation de situations de conflit. Et ce sont ces dissensions qui ramènent l'enfant, dans la plupart des cas, à la rue avec toutes ses épreuves.

Ce n'est qu'une petite partie des cents millions de gamins des rues dans le monde qui ont des chances dans l'institutionnalisation en direct.
Pourtant, la plus grande partie des budgets investis dans les gamins des rues, se concentrent sur le travail institutionnel en direct. Les investissements dans les phases préalables ne sont pas du tout en proportion. Cependant, tout le monde se réalise que les maisons construites sans fondements ne restent pas longtemps debout. L'aide sociale est comme un fondement solide sur lequel l'enfant peut construire son processus.


Objectifs de base de Mobile School

L'école mobile est un instrument qui a été développé pour la première phase dans la prévention et dans le travail de réhabilitation des gamins des rues.

Le but élémentaire est d'aller voir l'enfant dans son propre milieu, en créant des lieux de rencontre positifs sur les trottoirs. C'est qu'ici l'enfant est accepté et respecté sans conditions. L'éducateur de rue rend visite aux enfants pour les écouter, pour nouer une relation de confiance et pour leur donner la possibilité de développer une bonne image de soi !

L'école mobile est un instrument qui a été développé pour soutenir les éducateurs de rue dans leur job. Nous prenons la position que la rue est plus qu'un environnement négatif et nuisible et plus qu'une injustice qui a été commise envers les enfants. Pour nombre de gamins des rues, la rue est devenue une mère d'élection qui leur a accueilli à bras ouverts. Outre la misère, la rue leur a offert quelque chose qu'ils n'ont reçu nulle part : l'inclusion dans la culture des rues. Ceci ne conteste toutefois pas la thèse que la rue est un environnement négatif pour l'enfant, mais il faut l'empathie pour reconnaître que la rue n'est pas seulement négative pour l'enfant. Nous devons nous mettre dans la peau des enfants pour comprendre que nous ne pouvons attendre d'eux qu'ils se retirent de leur mère d'élection du jour au lendemain.

La société arrive en retard pour raconter avec paternalisme à ces enfants ce qui est bon pour eux. En outre, c'est la même société qui les a exclus et qui les a forcés à grandir dans la culture des rues. C'est la même société qui les a obligés à devenir ce qu'ils sont. Si nous voulons remédier quelque chose de fait et avec respect pour ces enfants, nous devons en premier lieu les écouter.


Intégration rapide vs travail aux coins des rues

Au moment où le gamin des rues arrive dans un centre d'accueil (un centre de soins de jour, un foyer), il remplace sa propre réalité par la réalité du centre. On attend de l'enfant qu'il abandonne sa propre réalité et qu'il s'adapte à la nouvelle réalité. Vu qu'une bonne partie des gamins des rues prennent le large, nous pouvons conclure que nous attendons trop vite trop de l'enfant.

Dans le développement de la stratégie de Mobile School, il était important de comprendre la différence entre les nombreux de fugueurs et les quelques-uns qui sont restés dans les refuges. Il est essentiel de comprendre que ces derniers aient décidé eux-même de quitter la rue. Le plus souvent, ce sont ces enfants qui sont moins enracinés dans la culture des rues. Dans le cas des fugueurs, ce sont le plus souvent la famille, les assistants sociaux, les éducateurs ou les éducateurs de rue, ... qui ont fait le choix pour l'enfant.

Nous tenons l'aide sociale aux jeunes donc pour une phase préparatoire et nécessaire dans laquelle le renforcement de l'enfant est l'élément crucial et central. Nous considérons que nous ne pouvons jamais changer la vie d'un enfant durablement. La seule personne qui peut le faire, c'est l'enfant lui-même. Nous devons l'aider à se développer pour pouvoir faire ses propres pas.


Améliorer la valorisation de soi

Dès lors, le noyau de l'aide sociale aux jeunes est dirigé vers l'image de soi ou l'amour-propre du gamin des rues. Une image de soi abîmée est une caractéristique de base que nous retrouvons pour quasi chaque gamin des rues. La pauvreté extrême et des multiples formes d'abus font partie de leur existence, même avant de faire le pas vers le trottoir. Dans la rue, cette situation se continue exponentiellement à partir de mauvais traitements, de purifications sociales, de la prostitution, des viols, etc.
L'historique de telles expériences qui retournent de façon systématique ont un effet désastreux sur l'image de soi de l'enfant. Ceci se traduit dans l'impossibilité de quitter la rue consciemment.

En montrant le chemin vers la réintégration, l'éducateur est la providence de l'enfant pendant son processus de désintoxication, d'adaptation et de changement des réalités. Sur ce chemin, l'enfant court constamment le risque de se diriger à nouveau vers ses habitudes enracinées. L'aide sociale aux jeunes se voit confiée la charge de préparer l'enfant avant que le signal du départ soit donné. L'éducateur doit aider l'enfant à être capable de se défendre et de trouver le courage d'entreprendre son chemin. Il doit accompagner l'enfant à trouver la motivation et de croire en soi-même.
Le plus fort soit l'image de soi, le plus conscient le choix d'entamer quelque chose et le mieux seront les résultats. Creuse les fondations sous votre maison et la maison restera debout !
L'école mobile est un instrument par lequel l'éducateur social peut rehausser l'image de soi de l'enfant. Alphabétisation, génie sanitaire, thérapie créative et apprendre en jouant sont des éléments de l'école mobile qui servent à confronter l'enfant à ses capacités.


Conséquences de l'amélioration de l'image de soi

L'éducateur social s'adapte largement à la réalité de l'enfant s'il lui rend visite plein de respect. La visite ne peut jamais être liée au but d'amener l'enfant aussi vite que possible au refuge. Le but est de rencontre l'enfant dans la rue et de faire démarrer un processus de renforcement.
L'école mobile ne fonctionne donc pas à partir du but absolu de réhabiliter les gamins des rues. En entamant l'image de soi des enfants, des choses moins spectaculaires mais aussi importantes se réalisent.

1. L'humanisation: Beaucoup d'adolescents des rues ont eu tant d'expériences prolongées et profondes dans la rue que le rêve d'avoir un futur hors de la rue semble peu réaliste. Même si l'aide sociale aux jeunes leur amène à une confiance en soi qui n'aboutit pas à des pas de réhabilitation, cette confiance en soi renforcée fait en sorte que la vie des rues est plus humaniste.
Nous défendons l'investissement dans ces jeunes comme un but à part entière. Souvent, ce but est descendu en flammes vu que le problème n'est pas résolu. Mobile School vzw refuse de renoncer aux enfants des rues parce qu'ils ne sont pas prêts à se réhabiliter. C'est notre communauté internationale qui a condamné ces enfants à la rue et il est inacceptable de les condamner une deuxième fois en les excluant de l'aide.

...dans les métropoles, l'investissement dans un enfant des rues qui n'arrive pas à quitter la rue est une goutte d'eau dans la mer - l'investissement dans des soins palliatifs pour un enfant terminal, c'est un signe qui indique notre développement...

Parallèle à l'image de soi positive, nous constatons la croissance des compétences sociales. Une meilleure communication, moins d'agression, plus de respect et de compréhension, sont quelques-unes des conséquences qui sont utiles à la société. Elles font de sorte que les enfants et les jeunes entrent moins en conflit avec leur environnement.

2. La prevention: Le cireur et le porteur de journaux sont atteints à base régulière pendant leur logement sur le trottoir. Ce sont des enfants qui ont provisoirement encore un point d'attache. Mais ce point d'attache est souvent pénétré par des problèmes socio-économiques, par des frustrations et par l'alcoolisme. Dans la rue, ces enfants trouvent souvent ce qu'ils ne trouvent pas à la maison. - Ces enfants courent quotidiennement le risque de s'enfoncer dans la culture des rues. En renforçant leur image de soi, ils deviennent plus capables de se défendre et les chances de faire le bon choix s'augmentent.

3. La réintégration: Une image de soi positive est un fondement solide pour faire éventuellement le choix de quitter la rue. Ainsi, l'enfant est plus capable de se défendre et de triompher l'épreuve de la réhabilitation.

Revenons au premier paragraphe de ce chapitre : il faut envisager l'école mobile comme faisant corps avec un tout plus grand ! Ceci ne résoudra pas la problématique vu que pour un enfant des rues, le chemin vers une 'amélioration' est long et difficile. Quelques-uns d'entre eux seront totalement réintégrés, d'autres en partie et beaucoup resteront sur le trottoir...mais pour Mobile School vzw, chaque pas et chaque processus de progression est une victoire.

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